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Compagnie du petit côté

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Historique et Démarche artistique

La compagnie du petit côté a été créée en 2001 avec un premier projet intitulé La Société du Pestacle. Tout en nous interrogeant sur les frontières de l’art et du spectacle, notamment en privilégiant des procédés de distanciation créés par des situations absurdes, nous tentons de fabriquer une danse qui ne renie pas sa dimension émotionnelle et charnelle. Une obsession sous-tend en effet ce travail et traverse les deux premières pièces de la compagnie : le débordement des corps. Débordement provoqué par le jeu dans La Société du Pestacle, débordement de l’énergie et des émotions dans Cadrage-débordement. Rires, larmes, transpiration, secousses nerveuses, nous traversent et nous privent d’une maîtrise du corps que la danse s’échine généralement à atteindre. La surface et la tenue du corps sont ainsi constamment menacées par les débordements d’émotions – amour, violence ou angoisse – qui naissent en nous.

L’esprit du butô, pratiqué par Laurence et Sylviane Pagès, marque fortement le travail de la compagnie, orienté vers une recherche du geste « juste » et « nécessaire », et de la densité des corps. Par un investissement corporel intense, nous recherchons la sincérité de notre présence, un état de corps, qui va au-delà de la simple représentation. Les filiations avec la danse butô se retrouvent aussi parfois dans les termes : la pièce emblématique d’Hijikata, intitulée Nikutai no hanran est d’ailleurs indifféremment traduite en français par La rébellion de la chair ou Débordement des corps…

Une danse marquée par l’improvisation 

Tous les membres de la compagnie portent des expériences d’improvisation diverses : butô, performances, improvisations dans des lieux publics, improvisations en interaction avec le public, notamment lors des Rencontres de la Verrière, avec Marion Lévy et Christina Towle en février 2004. Dans « Paroles y palabras », un dialogue improvisé entre musique et danse présenté au Regard du Cygne en 2002, la composition instantanée a été utilisée comme mode de représentation à part entière. L’improvisation tient également une place essentielle dans le processus de composition des pièces chorégraphiées : nous privilégions une construction partitionnelle qui permet de structurer et d’encadrer le mouvement improvisé de chaque danseur.

Une volonté de croisements interdisciplinaires

Dans chacune de nos pièces, nous avons travaillé avec des non-danseurs, performers, chanteurs, artistes ayant une pratique et une conscience corporelles. Nous aimons qu’ils interviennent non pas seulement dans leur discipline, mais qu’ils dansent aussi avec nous. Cette contrainte nous est toujours apparue comme très créatrice parce que, par leur virginité chorégraphique, ils nous aident à construire une danse hors des sentiers battus notamment dans notre recherche d’une perte de maîtrise du corps.

Des activités artistiques indissociables d’une réflexion théorique 

Fortes de leur formation en sociologie et sciences politiques, les chorégraphes de la Cie du petit côté tiennent à conserver une réflexion théorique, qui vient constamment nourrir la pratique et la création. Ainsi, Sylviane Pagès prépare actuellement une thèse au sein de l’Université Paris VIII sur la réception du butô en Europe et les liens que cette danse entretient avec la création contemporaine. Elle est aussi rédactrice pour la base de données multimédia artistes et œuvres du Centre national de la danse, dont l’objectif est de démocratiser l’accès à la culture chorégraphique. Par ailleurs, Laurence et Sylviane Pagès publient régulièrement des articles dans la revue Funambule, revue des étudiants du Département Danse de l’Université Paris 8. Laurence Pagès prépare, quant à elle, un DEA sur les enjeux de la danse en milieu carcéral. Elle collabore également à l’écriture d’un livre coordonné par Pulsart – collectif d’artistes engagés dans la lutte contre l’exclusion – sur les enjeux des actions artistiques en milieu scolaire, hospitalier et carcéral.

Un engagement citoyen

Ce n’est pas parce que la danse n’a pas à s’engager sur les chemins de la diatribe politique, qu’elle serait hors du champ politique et social. D’ailleurs, les dernières réformes rappellent, si besoin, que la danse et le spectacle en général sont bien inscrits socialement. La Cie du petit côté mène des actions diverses qui vont toutes dans le sens d’une danse citoyenne. Nous défendons une vision de l’artiste qui ne serait ni hors du monde ni au dessus de la mêlée. Sans être pour autant un instrument de cohésion sociale sur lequel se défaussent les pouvoirs publics, il peut être artisan et créateur de lien social, simplement parce qu’il n’oublie pas d’être homme, saisi par le doute et ouvert à l’autre. Nous comprenons notre travail d’artiste dans un engagement social et intellectuel. Par ailleurs, la danse contemporaine aujourd’hui ne peut faire l’économie d’une réflexion sur ses possibilités de diffusion et d’actions de sensibilisation. La danse contemporaine se doit d’aller vers le public pour exister.

Des Ateliers pratiques avec des adultes non-danseurs :

Des stages d’initiation à la danse contemporaine pour adultes débutants et moyens sont organisés plusieurs week-ends durant l’année.

Des Actions en milieu scolaire :

Représentation de Cadrage-débordement au lycée professionnel Emile Dubois, Paris XIVème. Ateliers artistiques en milieu scolaire » ( Collège Anne Franck, Paris XIème et JB Clément, Paris XXème)

Un engagement dans la lutte contre l’exclusion :

Ateliers d’écriture et de danse menés par Laurence Pagès. La Cie du petit côté travaille ponctuellement à Saint-Germain-en-Laye en collaboration avec l’association Mode d’emploi, association spécialisée dans l’insertion de personnes en situation de précarité. Elle organise des stages d’initiation à la danse contemporaine pour les bénéficiaires du RMI inscrits dans cette association : prise de conscience du corps, de l’espace, du poids, respiration, approche de l’improvisation : toute la démarche vise à retrouver le plaisir des sens, le plaisir de danser et de créer dans un espace convivial. Retrouver le contact du corps de l’autre, se réapproprier le toucher. Laurence Pagès participe également, au sein de l’association Pulsart, à des créations de spectacles interdisciplinaires avec des mineurs incarcérés. La danse en prison, outre l’ouverture culturelle et l’oxygène qu’elle apporte aux jeunes détenus, constitue un outil privilégié pour réintroduire le corps sensible dans un univers de carence sensitive et affective, et pour aborder le contact sur un mode différent de la violence que les détenus infligent aux autres ou à eux-mêmes.

 

Brigitte  

Conception : Laurence Pagès, Sylviane Pagès
Interprètes danse : Laurence Pagès, Sylviane Pagès, Flora Sans
Création musique : Joachim Olaya
Création lumières : Loïc Bovon

 

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« brigitte a un corps à offrir.
outre le corps de brigitte, beaucoup d’autres corps sont lancés sur le marché au même moment. les seuls alliés de brigitte dans cette bataille sont l’industrie cosmétique et l’industrie textile. Brigitte a des seins, des cuisses, des jambes, des hanches et une chatte.
d’autres en ont autant, parfois même de meilleure qualité.
brigitte a une jeunesse qu’elle doit aussi partager avec d’autres, par exemple avec l’usine et le bruit dedans et le bus bondé, qui rongent sa jeunesse.
Brigitte devient de plus en plus vieille et de moins en moins femme, la concurrence devient de plus en plus jeune, et de plus en plus femme. »
Elfriede Jelinek, Les amantes.

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Brigitte, c’est un trio féminin. C’est aussi l’héroïne des Amantes, un roman d’Elfriede Jelinek, dont le souffle, le ton acide et impertinent ont inspiré notre danse.
La forme, plus encore que le fond du roman, a nourri notre travail de création en cherchant à retranscrire dans la danse les sonorités du texte, son ton acerbe et acidulé. L’écriture d’Elfriede Jelinek est sans ponctuation, ni majuscule, et possède un rythme quasi-haletant. C’est sur cette musicalité si particulière du texte que s’appuie notre danse.

Le choix de ce texte fait écho aux recherches d’autres artistes et d’autres disciplines artistiques, qui forment un univers féminin dans lequel notre travail s’inscrit. Brigitte Fontaine, et sa chanson Conne, nous paraît emprunter le même chemin, qui décrit sans concession des personnages féminins, englués dans leurs déterminations sociales.
Notre danse cherche à retrouver ce ton féminin, rageur et empreint de dérision, sans chercher à introduire une narration dans notre pièce. Tout juste est mise en scène brigitte, l’un des personnages du roman. Nous souhaitons surtout laisser résonner ce texte violent dans nos danses. Trouver une danse violente, sans forcément passer ni par un engagement physique extrême, ni par une grande rapidité. Trouver une danse violente dans la sensualité et l’exposition des corps.

 

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Source d’inspiration de la danse, le texte est aussi un mode d’expression, complémentaire ou contradictoire du mouvement. Mêler danse et texte soulève une interrogation qui est au centre de nos préoccupations actuelles : qu’est-ce qui peut perturber notre danse ? Et, plus particulièrement, comment le son et la parole peuvent-ils perturber le mouvement ?
Mais, dire le texte, ou donner à entendre les respirations, constitue aussi et paradoxalement un appui. La danse est guidée par l’idée d’incarner, au sens étymologique « dans la chair », le texte. L’utilisation du souffle et de la voix permet de donner à entendre les oscillations du corps, ses micro-mouvements, et finalement le frémissement de la danse. Joachim Olaya a composé une musique qui reflète cet univers sonore.

 


Compagnie du petit côté
134 rue des couronnes
75020 PARIS
laurence.pages@laposte.net

 
   

Page mise à jour le21/07/2007